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La culture Amazighe fait partie de ces cultures matriarcales, celles où la femme occupe le pivot de la vie familiale. Il suffit de jeter un coup d’œil dans la société amazighe pour remarquer l’importance du rôle de la femme. Elle supervise la récolte de l’olives, elle s’occupe du jardinage, elle enduit la maison, elle fait de la poterie, elle recueillie du bois, fournit tout le nécessaire de la maison et accueille les invités. Même que dans certaines régions, particulièrement dans le sud, on dit que cet invité est l’invité de telle ou telle femme et non l’invité de tel homme.

Ce système matriarcale a permis à la femme Amazigh d’être reine, comme ce fut le cas de Tinhinan qui a régné sur un vaste territoire du continent africain au cinquième siècle, ou d’être une cheffe de tribus comme Dihya qui était connue sous le nom de Kahina (Sorcière) au septième siècle, ou d’être une sainte femme à l’image de Yemma Gouraya dans la région de Bejaia, ou d’être une cheffe révolutionnaire et combattante à l’image de Lalla Fatma N’Soumer dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, Ou d’être une artiste à l’image de Na Chérifa ou une écrivaine comme Taos Amrouche au vingtième siècle.

Malgré sa forte présence dans la société Amazigh, la femme sera éloignée de l’héritage laissé après la mort d’un proche. Et si elle ose le réclamer, elle sera mise à l’isolement familial, ou bien bannie dans certains cas, car elle aura osé profaner les liens du sang en demandant l’héritage laissé.

Les racines de cette législation qui écarte la femme de son droit à l’héritage remontent à l’an 1748 lorsque des tribus se sont réunies et ont décidé de ne plus offrir aux femmes leur héritage pour que les terres ne reviennent pas à leurs maris Ottomans. « Les Ottomans qui ont colonisé l’Algérie n’ont pas pu faire face à la résistance farouche des autochtones qui refusaient catégoriquement de leur vendre les terres, et les Ottomans pour arriver à leur but ont choisi de se marier avec les femmes Amazighes » déclara Said Djabelkhir, chercheur et islamologue spécialiste du soufisme.

Passages traduits de l'arabe par Derradj Azzedine