Belalta-Assil

Comme vous en avez surement entendu parler, le crime barbare dont un étudiant de médecine de 3ème année de la faculté Ziania d’Alger n’a laissé personne indifférent, et pourtant ! Les choses qui devraient enflammer le débat public à propos de ce drame sont passées presque inaperçues : Déterminer les responsables du crime et les motivations profondes de ce genre d’atrocités.

La haine comme mobile du crime :

« He is gay », voilà les mots inscrits par les meurtriers d’Assil sur le mur de sa chambre avec son sang , c’est un fait ! et malgré que la majorité des médias algériens essayent d’occulter ça (et préfèrent à la place aller filmer la mère de la victime chez elle en état de choc et en pleur, sans le moindre gramme de décence et de déontologie journalistique, faisant ainsi preuve d’un voyeurisme et d’un opportunisme répugnant !) Il faut avoir le courage de dire les choses telles qu’elles sont :

Le meutre d’Assil est un crime homophobe : 

Que cela soit bien clair, personne ici n’essaye d’établir l’orientation sexuelle de la victime, car d’abord  ça relève de sa vie privée et ensuite ça n’a que très peu d’intérêt parce que le fait même que les agresseurs d’Assil aient choisi de l’agresser parce qu’ils supposaient qu’il était homosexuel est suffisant pour qualifier ce crime de crime de haine et homophobe. Si un néonazi agresse un musulman en pensant qu’il est juif, ça sera un crime antisémite. Et les inscriptions faites avec le sang de la victime sont suffisantes pour lever toute ambigüité sur les motifs du crime. Mais la majorité de nos médias et les autorités ont préféré dissimuler ce « détail », et ce pour deux raisons :

1-Ils sont homophobes : c’est malheureux de dire ça, mais les personnes qui ont condamné le crime homophobe dont Assil a été victime sont les mêmes personnes qui lui auraient fait du mal s’ils l’avaient suspecté d’être gay
2-Les autorités sont responsables de ce crime de haine : le gouvernement n’est pas juste responsable du laisser-aller dans les cités universitaires de ce pays, qui a permis à ce crime d’avoir lieu. Il est aussi responsable du climat haineux qui a permis aux motivations homophobes de  ce crime dans prendre naissance : que ça soit par les discours haineux que l’état tolère et promeut un peu partout dans les médias et dans la sphère publique, ou bien par la législation qui est elle-même haineuse. Quand le code pénal envoie les gays en prison, ce n’est pas étonnant que la population égorge ceux qu’elle soupçonne  d’être gay comme Assil…

Les autorités essayent de noyer le poisson :

Au lieu de lancer une enquête impartial et approfondie sur les dysfonctionnements dans la cité universitaire où le défunt Assil résidait pour pouvoir déterminer et juger les responsables et corriger ce qu’il y à corriger, Le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour se dédouaner de sa responsabilité en disant que le motif du crime est une dispute entre compagnons de chambre et qu’en aucun cas le drame n’aurait pu être évité et que pour conclure le ministère n’est pas responsable. Ce qui est complètement faux ! Le ministère est responsable de 1000 manière différentes dans ce crime et la première est l’état de jungle dans lequel les cités universitaires sont, et l’histoire de la dispute n’est jusqu’à preuve du contraire qu’un tissu de mensonges pour masquer le caractère homophobe de l’agression, mensonge qui bien sûr est relayé par les chaînes de désinformation à la solde du gouvernement…

 Pour conclure, l’Affaire Assil, devrait être un occasion d’ouvrir le débat sur la haine et l’homophobie dans ce pays, et le traitement de cette affaire reflète tous les dysfonctionnements qui font couler notre pays depuis tellement longtemps.

 Par : Riad Chabane